Une lutte sans fin...


De très nombreuses personnes n'ont pas conscience de la misère animale. Nous nous efforçons, non sans difficulté, de sensibiliser chacun à cette réalité.

 

13 millions de chats dans les foyers français et... 11 millions de chats errants. On peine à l'imaginer. L'ampleur de la misère animale est telle que les efforts des associations et des soignants ne suffisent pas toujours à  sauver les animaux errants.

 

Les chats libres font partie du paysage urbain. Certains s'en sortent mieux que d'autres, notamment lorsqu'ils sont suivis par une association ou par des personnes bienveillantes, qui les nourrissent et leur assurent un minimum de suivi médical.  

 

Adopter un animal est un engagement. Pourtant, combien d'entre eux sont laissés livrés à eux-mêmes par leurs pseudo-propriétaires, le plus souvent non stérilisés ? 

Ils n'ont pas survécu :

M. Félix, Cramik, Dewey,

Lulia, Eugène, Mamoune,

Grisou et tant d'autres...



La tragique histoire de Martin

  

Gwladys nous raconte les derniers jours de ce jeune chat, qui n'a pas pu être sauvé.

 

"Bonjour tout le monde ! Mon nom est Martin, en tout cas, c'est celui que l'on m'a donné.

 

Je vivais dehors avant qu'une dame ne m'amène dans une clinique vétérinaire le 18 décembre 2019. Elle avait mal au cœur de me voir dehors.

Ça m'a fait bizarre ! Il faisait chaud, tout le monde était gentil avec moi et j'ai commencé à me sentir mieux. 

 

Il faut dire je n'allais pas bien du tout !

Fatigué comme un vieux matou, plus la force de rien mais l'envie de vivre comme un jeune premier !

 

J'ai reçu de bons soins, à manger et puis surtout, des "câlins" et de "l'attention". J'ai beaucoup aimé ça !

 

Tout le monde voulait me trouver une famille pour que je sois heureux, j'ai trouvé ça gentil. 


 

Une dame nommée Morwenna a alors envoyé ce message pour moi, comme un SOS jeté à la mer :

"Bonjour ! Ce jeune chat, âgé d'un ou deux ans, attend une famille d'accueil ou d'adoption chez les vétérinaires Beaud/Galliou au Faou. Il sera castré mais il a des problèmes de santé, est porteur FIV et n'est pas à l'aise avec les chiens. Il serait préférable qu'il soit seul (ou autre chat FIV ). Un appartement serait l'idéal. 

De plus, il est arrivé dénutri et demusclé. Il se renforce doucement.

Très sociable et câlin. Merci pour lui !"

 

Le mardi 7Janvier 2020, je ne le sais pas mais une association a entendu mon appel à Brest et se démène pour me trouver une famille d'accueil ! 

 

En attendant ma famille, le personnel de la clinique vétérinaire s'occupe de moi. On me fait une piqûre pour que je dorme, tandis qu'on doit m'enlever un croc qui me fait mal et il paraît qu'on veut aussi m'enlever ces deux petites choses qui font de moi un mec, mais là je n'ai pas tout compris... (Ben oui... je suis pas docteur moi !).

 

9 janvier 2020... Je n'ai plus mal, je suis bien, mon croc ne m'embête plus...

 

Morwenna et mes gentils soignants envoient un message pour donner de mes nouvelles à l'association : 

"Martin nous a été déposé à la clinique par une cliente qui le voyait dans son jardin depuis environ une semaine. Elle le trouvait très amaigri et pas en forme.

Il était à la clinique depuis le 18 décembre. Il était parasité et avait la diarrhée et n'était pas castré. Il avait entre un et deux ans. Le jour de la prise en charge, on lui a fait une échographie abdominale, on lui a donné un vermifuge et mis une pipette anti puce, donné un médicament contre la diarrhée et on l'a testé pour le FIV et le FeLV.

Il s'est révéler positif au FIV. Le virus était déjà actif, il était déjà anémié et démusclé.

Il mangeait bien jusqu'à son problème au niveau du croc qui était infecté. On a dû l'endormir pour le lui retirer et profiter de l'anesthésie pour le castrer. C'était un chat très câlin qui aurait dû avoir une belle vie."

 

Je m'appelais Martin et je remercie tous ceux qui se sont occupés de moi. Ce n'est pas de votre faute si je n'ai pas supporté l'anesthésie, j'étais trop faible...

 

Je ne vous demande qu'une chose, mesdames, messieurs, que mon histoire n'en soit pas une parmi tant d'autres car il y a des "Martin" partout à Brest et dans le Finistère ! Des chats qui se meurent dehors et qui ont besoin d'aide. Alors soyez là pour eux... Ouvrez l'oeil ! Merci beaucoup !  

 

Au revoir tout le monde ! Miaou ! 

Martin"

 


La stérilisation des chats fait partie de nos missions.

Vous convaincre de son utilité également.

 

La prolifération du chat est extrêmement rapide.

Si on considère qu'un seul couple de chats fait au minimum une portée de 4 chatons par an, qui seront eux-mêmes matures sexuellement dès la période de reproduction suivante, et si chaque portée contient la moitié de femelles, au bout de 3 ans on obtient au minimum 52 chats ! Cette valeur peut aller jusqu'à 1728 chats si les femelles font plusieurs portées par an et avec plus de chatons par portée.

 

Il est donc indispensable de faire stériliser les chats dès leur plus jeune âge, afin de limiter le nombre d'animaux errants sans nourriture et sans soins. La lutte indéniablement contre la misère animale passe la stérilisation des chats et la responsabilisation des propriétaires sur ce point. 

 

Ecoutez ce qu'en dit cette vétérinaire qui connaît bien le problème :

La stérilisation des animaux dit "de compagnie" : Quelle utilité ?



De la difficulté d’agir au mieux...

 

Dans le cadre de notre action, nous travaillons avec des vétérinaires, qui font leur possible pour sauver les chats et chatons que nous leur confions, dans un état parfois inimaginable, et leur apportent les meilleurs soins.

Des vétérinaires qui participent donc également à la protection animale et que nous tenons à remercier.

L’un d’entre eux, qui connaît bien notre engagement et notre volonté de prendre en charge un maximum de chats, fratries ou familles entières, nous a transmis ce texte et nous invite à la réflexion.

 

LES CHATONS ORPHELINS

 

Nombreux sont les chatons retrouvés dans un carton, une poubelle, les yeux ouverts ou non, malades ou non. Comme tout un chacun de normalement constitué, nous voulons les aider, les soigner. 

Nous respectons la vie, mais respecter la vie signifie parfois aussi savoir quand on ne parviendra pas à la garder avec respect et équilibre.

 

S’occuper de chatons orphelins, c’est bien sûr les nourrir jusqu’au sevrage, c’est parfois compliqué et prenant, mais en réalité, il s’agit de la partie la plus simple. Car pendant ses premières semaines, le chaton apprend surtout qui il est : quelle est son espèce, qui sont ses proches, quelles sont les espèces amies ou ennemies ? Il apprend à bien se comporter : à être chat, les codes, le langage. Il apprend surtout les auto-contrôles.

En effet, les mamans chattes qui "giflent" leurs chatons, qui leur labourent le ventre quand ils vont trop loin, ne le font pas par méchanceté : elles inculquent à leurs petits le contrôle de leurs morsures et de leurs griffures, et ce jusqu’à 8 à 10 semaines d’âge. C’est grâce à ce travail que les chatons deviennent les compagnons agréables que nous apprécions.

 

Mais pour le chaton orphelin, qui peut se substituer à la maman chatte ? Nous ne pouvons, malgré notre bonne volonté, être aussi compétents qu’elle. 

 

Elever un chaton orphelin nécessite qu’il soit en contact quotidien avec d’autres chats, femelles ou mâles castrés, qui lui apprendront les codes, le langage et les auto-contrôles indispensables à sa vie future, si nous la voulons équilibrée et heureuse.

Dans le cas contraire, nombreux sont les chatons qui vont développer des troubles du comportement : hyperactivité/hypersensibilité, anxiété par hyper-attachement à l’humain… qui vont nécessiter des thérapies comportementales et des médications tout au long de leur vie. Bien sûr, il y a toujours des exceptions, il y aura toujours une belle histoire où tout se passera bien. Mais elle sera l’exception, non la règle.

 

Alors la question se pose : si nous ne pouvons assurer un développement psychologique correct à un chaton, surtout à peine né, le meilleur choix pour lui n’est-il pas de l’endormir humainement ? Même si ce geste n’est facile pour personne, ni pour la personne qui l’a trouvé et veut l’aider, ni pour le vétérinaire pour qui c’est un acte grave et psychologiquement difficile.

Cette même question se pose quand, dans le but de diminuer la démographie féline des chats « du dehors », une chatte gestante est attrapée. Si elle est semi-sauvage, ne vaut-il pas mieux la stériliser et « endormir » les chatons aussitôt, plutôt que d’en faire des chatons orphelins ? Surtout si on considère le nombre toujours croissant de chats cherchant une famille. 

Si la chatte est sociable, le choix de la stériliser immédiatement ou non devient plus personnel et aucun ne peut juger du choix de l’autre : on peut considérer que, la maman étant présente, la stérilisation attendra… ou considérer qu’il est préférable de ne pas laisser naître quelques chatons de plus dans des refuges déjà surpeuplés. Chaque choix se défend et se respecte, à chacun de prendre sa décision et ses responsabilités.

 

Mais devant un chaton orphelin, posez-vous toujours la question : "puis-je lui assurer l’entourage félin nécessaire à son bon développement psychologique ?" 

Pensez d’abord à LUI. 

 

Comment agir au mieux ? C'est la question que nous pose ce vétérinaire et c'est ce que nous nous efforçons de faire, semaine après semaine, non sans difficultés mais avec conviction et dévouement.